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Programme Festival du film : Curieux Voyageurs : vendredi 7 mars 2008 : 20 h - 23 h 45
Soirée d'ouverture du Festival.


20 h 00
à
20 h 45
Lhassa centre villePékin-Lhassa en 48h... la Chine à la conquête de l'ouest un film de Virginie Goubier et Claire Morel

C’est l’histoire de la conquête de l’Ouest par les Chinois... Un train au dessus du monde roule vers la modernité et la disparition d’une civilisation. Les Tibétains ressemblent aux Indiens d’Amérique, ils sont trop en marge d’une civilisation moderne à la conquête de nouveaux territoires à exploiter. Après plus de cinquante ans de sinisation violente du Tibet, à coup de décrets et d’emprisonnements, le gouvernement affiche la couleur d’une nouvelle stratégie de conquête, à l’Américaine… 

Train en gare de LhassaA l’entrée de Lhassa, capitale du Tibet, on peut lire « With the opening of Qinghai-Tibet railway, Lhassa will enjoy a better future », avec l’ouverture de la ligne Qinghai-Tibet, Lhassa s’ouvre sur un autre futur. Et de l’autre côté du panneau : « Thanks a lot for central government's help and support », merci au gouvernement central pour son aide ! Quelques mètres plus loin, on perçoit déjà les changements de la ville.

Aujourd’hui, Lhassa est une ville moderne chinoise avec tout ce qui la caractérise : des grues qui construisent de plus en plus haut, des rues piétonnes, temples de la consommation pour la nouvelle classe moyenne, des karaokés, des restaurants chinois et bien sûr beaucoup de Chinois… Point de répressions visibles, ni de coups de force, les dernières étapes de la colonisation se font sans bruit, par wagons de Chinois et petites négations d’une civilisation qui appartiendra bientôt au passé.


20 h 45
à
22 h 10 
"Aux origines du monde" (Afrique de l'Ouest) un film de Roman Teufel.
Un journal de voyage à travers l’Afriquene musique d’accompagnement inhabituelle.
Le spectateur appréhende le continent noir sous un angle inconnu jusqu’alors, à travers les yeux d’un peintre-voyageur – ou d’un voyageur-peintre – en quête de sa propre personnalité mais aussi en quête des origines du monde.

Dromadaire dans le désert
Le commentaire (un monologue sous forme d’un journal de bord) reste discret pour laisser une large place aux images fascinantes et à l’atmosphère prenante de cette région. Un documentaire qui retient l’attention par son caractère atypique - un kaléidoscope coloré de cette Afrique originelle, un esthétisme presque surréaliste du désert et uC jusqu’aux Origines de la civilisation humaine - au coeur du Sahara.
Son chemin d’aventurier sur les traces des explorateurs lui fait longer le fleuve Niger au Mali et le mène jusqu’au mystérieux peuple des Dogons et jusqu’à la légendaire cité du désert, Tombouctou. De là, il traverse le Massif du Hoggar avec une caravane de chameliers Touaregs jusque dans l’immensité infin
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Masques africainsDans son nouveau documentaire, le réalisateur Roman Teufel a suivi l’artiste peintre Richard W. Allgaier dans son passionnant périple à travers la turbulente Afrique de l’Ouest"2240" align="left" border="1" src="/databank/Image/festival/2008/origine_monde_2.jpg" />Un style contrasté – entre la vie tumultueuse des villes du Mali et le calme méditatif du désert. Un film à l’opposé des reportages usuels sur l’Afrique – un film plein d’émotion et qui offre des tableaux épiques du « continent oublié » - un film qui évite les clichés habituels de la pauvreté et fait ressortir la richesse de ces gens – une richesse faite de joie de vivre et d’optimisme.

Ce « road movie » débute dans le présent et accompagne le spectateur dans une sorte de ‘voyage dans le temps’ jusqu’ « Aux origines du monde » - dans l’immense solitude du désert – dans le silence du Sahara. Dans sa quête du passé, le peintre et artiste est confronté aux peintures rupestres et primitives de ses « collègues » d’il y a 8000 ans – là où la Terre autorise de rares aperçus sur ses origines.


22 h 40
à
23 h 45
CanoeSibéria un film de Philippe Sauve

C’est après avoir traversé les Etats-Unis à pieds, le Canada en canoë et l’Alaska en tirant un traîneau, que je passai à bord du Transsibérien, en juin 1994, devant l’immensité du lac Baïkal. Au-dessus du brouillard enveloppant les étendues liquides, je devinai vers le Grand Nord les forêts sibériennes et les fleuves voyageant vers l’océan Arctique. Je me promis ce jour devant les paysages somptueux, poussé par mes désirs intenses de vivre en communion avec la Nature, que je reviendrai arpenter ces étendues sauvages. Ce jour attendu vient le 23 avril 2005. Je rejoins la ville d’Irkoutsk après 10 jours de train depuis la France et progresse sur le fleuve Lena, à bord d’un canoë en toile…

SIBERIA - 110 JOURS DE CANOE – 3 800 KILOMETRES

Homme à chevalDe jour en jour, le relief change. Tantôt des falaises hautes de plus de cent mètres me font de l’ombre, tantôt les berges sont encombrées de fourrés. Le vent, la pluie, la brume, le soleil produisent des décors en perpétuelle mutation. J’ai parfois l’impression de pagayer vers des tableaux de grands peintres. J’arpente des espaces composés d’îles de sables, de canaux sans fond et d’une impressionnante forêt. L’homme russe, quant à lui, se démène dans une ambiance d’ivresse. Je rencontre la folie humaine, liée à la surconsommation de la vodka, mais aussi la finesse d’artistes conscients de la valeur de leur pays. Pour me protéger des dangers de la solitude, je dois sans cesse me camoufler. Ma frêle embarcation résiste aux intempéries. Je répare souvent la toile en y collant des rustines. 

Après deux mille cinq cent kilomètres, la Lena atteint la largeur incroyable de 14 kilomètres. Ce n’est plus un fleuve, mais une mer. Je pagaie parfois sur des vagues dépassant les deux mètres. La difficulté n’est pas le froid, ni les vagues, mais le vent qui souffle sans répit. Un vent qui vient de l’océan Arctique. Je rejoins le dit océan en évitant de me perdre dans de véritables labyrinthes et en longeant les montagnes Verkhoïansk, dont les plus hauts sommets culminent à 3000 mètres d’altitudes. Je me trouve là, sur le territoire du peuple Iakoute. Vers la fin de mon parcours, la Lena se rétrécie et forme un véritable canyon glacé, où les températures automnales frôlent les moins dix degrés C°. Je dépasse le dernier village du fleuve, Tit-Ary, et termine mon périple, après cinq mois de voyage, dans le delta du fleuve qui dépasse les 200 kilomètres de large…

"J’ai rencontré une jolie fille russe. Elle avait un tempérament de feu, elle s’agitait lorsque je voulais la prendre dans mes bras. Elle avait des courbes parfaites que j’épousais chaque soir. J’ai navigué sur son dos durant quatre mois. Elle s’appelait Lena. De retour en France, dans le brouhaha citadin, je la cherche. Je cherche un coin où me poser, m’agenouiller comme j’en ai pris l’habitude, pour la contempler. Mon voyage en canoë sur le fleuve Lena fut une véritable histoire d’amour naturelle. La Sibérie m’a réappris à pleurer d’émotions pures, comme les enfants".


 


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Réalisation/Graphisme
C.Goubier/M.Denis
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