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Programme Festival du film : Curieux Voyageurs : dimanche 9 mars 2008 : 14 h - 19 h
 


14 h 00
à
15 h 00
Sahara, sur la route des caravanes un film de Jean Pierre Valentin

visage d'un homme du désert Nous sommes en route depuis l’aube. La marche est lancinante, obsédante, toujours poser un pied devant l’autre, 15 à 18 heures par jour…
La taghlamt (caravane) des Touaregs kel ewey est imposante : 300 chameaux, 30 solides gaillards, la plupart rompus à l’aventure, quelques novices.

Caravane du désertJe fréquente le monde saharien et nomade en particulier depuis 25 ans et cette année j’accompagne une caravane dans le désert du Ténéré, au Niger. Les vallées du massif de l’Aïr sont derrière nous. Au puisard d’Ajioua – creusé dans le lit d’un oued à sec – nous avons abreuvé nos bêtes et rempli les peaux de bouc, procédé aux dernières provisions de bois morts.

Les chameaux sont chargés du fourrage nécessaire à la traversée, foin stocké, emballoté depuis des semaines par les éleveurs touaregs. Aussi nous transportons les vivres utiles à l’épopée, les ustensiles de cuisine, les produits commerciaux : oignons et blé des montagnes, tomates, piments et fromages déshydratés, du mil des terres méridionales.

Le soleil pointe droit devant, plein est, l’heure du thé, transvasé à la volée, tout en marchant ! La taghlamt ne s’arrête jamais, du départ matinal aux heures avancées de la nuit. Il ne faut perdre aucune précieuse minute, nos réserves calculées donnent le rythme.

Avec Yolaine et Aghaly, collaborateurs sur cet itinéraire, notre chalenge est bien de filmer – par delà la marche quotidienne – une aventure en perpétuel mouvement…

Il nous faut donc courir pour devancer les files de dromadaires bâtés, réussir à prendre du champ, puis galoper de nouveau pour rentrer dans le rang ; une épreuve souvent épuisante, par soixante degrés, une petite centaine de kilomètresecirc;me y apporter son ombre", disent-ils.

A l’ouest, les hautes dunes du Ténéré s’échouent dans les contreforts du Massif de l’Aïr. La vie se réfugie au cœur de ce fief Touareg, près de l’eau, "Amann iman" (l’eau, c’est la vie). 


15 h 00
à
16 h 00
Ténéré solo "Le désert bleu d'un bout à l'Autre" un film de Pierre Schmitt

Ténéré... Immense et légendaire, le désert du Ténéré est l'une des régions les plus arides du globe. Situé au coeur du Sahara, le sable, la chaleur, la soif, l'épuisement, le vent y sont chez eux... Les Touareg aussi, mais jamais ils ne risquent de s'y attarder, puisqu'il n'y a strictement rien. "C'est un pays simple où tout est compliqué ; il faut même y apporter son ombre", disent-ils. Malgré l'apparition des camions, la Taghlamt (la caravane de sel) traverse encore ce néant hyper-aride selon un rythme immuable depuis des générations. Une allure plus rapide épuise inutilement les chameaux. Plus lente, c'est ne pas avoir assez de fourrage. Dans les deux cas, c'est flirter avec la mort.

A l’ouest se dresse le Massif de l’Aïr, un fief de la rébellion touarègue aux roches sombres sculptées par les vents brûlants. Les hautes dunes fluides et claires du Ténéré s’échouent dans les contreforts rugueux de la citadelle volcanique. La vie se réfugie au cœur du massif, près des rares points d'eau, "Amann iman" (l’eau, c’est la vie), dit-on dans les campements.
"Mieux vaut aller voir, que d'entendre parler. Eternel curieux et depuis longtemps intrigué par ces fameux Hommes Bleus, j’ai pris ce dicton touareg comme une invitation". En février-mars 2005, Pierre Schmitt plongeait discrètement dans un Ténéré chauffé à blanc avec l’intention de le traverser et remonter ensuite le Massif de l’Aïr par sa frange orientale, pour aller voir... de très près : seul et à pied, sans guide ni accompagnement 4x4, ni même un chameau, avec un simple "traîn-eau" de conception artisanale.

"Simplement pour vivre à fond un désert de l’intérieur". Solitaire dans cette immensité, c’est une goutte de vie qui se faufile provisoirement dans un environnement extrême, pour en ressortir avant qu'elle ne soit évaporée. Malgré un air aux environs de 50°C (à l’ombre), un sol qui dépasse les 70°, il n’embarque qu’une autonomie de 2,5 litres à boire par 24h (plus 1,5 litres pour cuisiner les trois repas quotidiens). Durant un mois et demi et quatre étapes (entre les seuls points d’eau disponibles), il lui est nécessaire d’accepter la soif persistante, la chaleur irrespirable, le sable soulevé par le vent, de faire corps avec les éléments et le paysage. "Mais la déshydratation aidant, la réalité peut rapidement devenir abstraite, et le plus grand danger est en fait de perdre la conscience des choses"...

Explorer les frontières mentales et physiologiques d'une acclimatation volontairement provoquée n’est pas la seule motivation de Pierre. "Je reste toujours intrigué par les nomades et ce qui peut bien les retenir dans un environnement aussi hostile ; quelle philosophie de vie ont ces gens là !".

"Depuis, Pierre Schmitt retourne régulièrement aux portes du Ténéré, où l'humain est tout et si proche de l'essentiel, où une part de lui-même vit à présent. Le regard brûlé, les anciens caravaniers parlent de cette "Mort Rouge" en quelques phrases pleines de retenues et de silences, avec l'émotion d'un coeur serré".


16 h 30
à
17 h 30
Birmanie, dans l'ombre de ton sourire un film de Sophie Ansel

jeune moineLe récit du voyage initiatique d'une jeune Française qui rompt son expatriation en Malaisie pour partir dans un pays décalé au monde moderne: la Birmanie. Rencontres de personnages singuliers la mèneront à suivre le fil d'un voyage pas comme les autres. Entre coup de cœur, amitiés et découverte politique, assemblée de moinesSophie évolue inconsciemment les yeux grand ouverts dans ce pays méconnu.

Au détour d'un chemin, elle est propulsée sur la deuxième partie de son voyage birman: En Malaisie, la communauté clandestine birmane lui apporte le regard complémentaire qu'il  lui manquait sur la Birmanie. Les langues se délient et dévoilent l'ombre du sourire birman. Après avoir été touchée de plein cœur par ce peuple généreux et fort, comment rester indifférente face au combat quotidien de ces héros du silence et leur cri étouffé?

A travers les confrontations et traditions dans un pays totalitaire, Sophie Ansel nous fait part de ses interrogations sur les différences, la conscience de l'autre et cet étranger du bout du monde.


17 h 30
à
18 h 00
Palmares du festival

 


Deux moines priants18 h 00
à
19 h 00
Voyage au temps perdu (Birmanie) un film de Roman Teufel

Une fois encore je suis en fuite – en fuite devant la société de l’extrême vitesse. C’est sciemment que j’emprunte des moyens de transport démodés – que j’ignore les commodités du 21° siècle – à la recherche de la lenteur. Ce qui m’a poussé ici, ce n’est pas la nostalgie sentimentale du contemporain las du progrès et rêvant du « bon vieux temps » - non ! Je cherche tout simplement un monde ayant éventuellement conservé des valeurs qui, ailleurs, ont été sacrifiés sur l’autel du tout puissant dollar.

Il semble que quelqu’un a arrêté le temps – et c’est ce qui, en réalité, s’est passé. La Birmanie, appelée aussi Myanmar aujourd’hui, a été coupée du reste du monde sous la dictature d’un régime militaire qui a stoppé son développement. Voilà pourquoi ce pays évoque aujourd’hui un lieu qu’on croyait faire partie du passé – un lieu ouvert à la transfiguration romantique – comme un tableau pittoresque d’une époque depuis longtemps révolue.paysage de temples



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