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Samedi 28 mars 2009 : 20h00 - 23h30

20h00 - ZANSKAR, chemin des glaces un film d'Anne, Véronique et Erik Lapied

Caravanne sur la glaceAux confins de l’Himalaya, la neige bloque les cols à 5OOOm et isole totalement les villages du Zanskar pour de longs mois. Les nuits glaciales de janvier gèlent le fleuve qui, pour quelques semaines, devient l’unique lien avec le monde extérieur. La caravane de Stanzin et Tashi se risque alors sur les 100 kilomètres du chemin des glaces. Mais cette fois la glace est fragile… Il faut la sonder, se mettre à l’eau ou grimper par les rochers... La glace est vivante, elle commande, et tout peut arriver... 150 hommes doivent se déjouer du froid, des caprices du fleuve et bivouaquer dans les grottes, pour acheminer du bois jusqu’à leur village. Un mois plus tard, avant la débâcle, Sakkya part avec son fils et d’autres enfants, dont deux sont âgés de 5 ans, pour les conduire à l’école, à pied, par les gorges de cette rivière mythique. Plus qu’un voyage dans un monde fantastique fait de roches et de glace, le périple de ces trois caravanes vous mènera très loin, à la rencontre de l’un des peuples les plus attachants de l’Himalaya. Un voyage hors du commun d'une force et d'une beauté bouleversante.

21h30 - SERBIE, au-dela des apparences Monastereun film de Thibaut Chalvet - Dallas Production

Avec sa caméra et son micro, Thibaut a suivi un groupe de sept français qui se sont laissés tenter par l'aventure serbe. C'est avec la complicité de Pedja, le chauffeur, et de Pierre le guide que dans la bonne humeur il a su s'intégrer au groupe pour mieux se faire oublier.

Pendant 8 jours ils ont traversé la Serbie, de Belgrade, ville de contrastes dominant le Danube de sa forteresse médiévale à Jablanica, village du bout du monde où ils ont pu contempler les cîmes du Montenegro et de la Bosnie. Ils ont été réveillés à Guca par les cuivres d'un festival de fanfares balkaniques digne des meilleurs films d'Emir Kusturica et ont dégusté sans modération les spécialités culinaires locales préparées par leurs hôtes. Tous, désireux de découvrir la Serbie par le biais du tourisme solidaire apportent leur témoignage à chaud sur cette expérience et expliquent le sens de cette démarche différente.

Visites de monastères, de musées ethnographiques, de monuments historiques nous rappellent qu'il s'agit bien de tourisme, mais...l'immersion dans les familles d'accueil à la campagne, la découverte de la vie quotidienne, des activités traditionnelles, de la culture nous montrent combien ce type de tourisme apporte une lumière si différente sur la connaissance d'un pays, permet d'aller bien au delà des apparences...

Ce film est le fruit d'une collaboration entre Dallas Production, Planète Couleurs et Vision du Monde.

22h20 - A CONTRE COURANT un film avec Maud Fontenoy et Jocelyne Busson

Les enfants et MaudAprès deux océans à la rame, l’Atlantique nord et le Pacifique, la navigatrice Maud Fontenoy est partie de l’île de la Réunion en octobre 2006 pour réaliser un tour du monde à la voile à contre-courant et contre les vents dominants. Une aventure qui a duré 150 jours et l’a poussée au-delà de ses limites, nourrissant encore davantage son désir viscéral de transmettre aux autres l’espoir.

« Le vent forcit. L’océan s’invite à bord. Avec ses gigantesques bras d’eau, il semble être déterminé à venir m’arracher à mon voilier. Des lames submergent le pont, c’est une mêlée de rugby surentraînée qui tente de me propulser hors du cockpit. Je résiste de toutes mes forces, prends appui sur la filière, m’agrippe à ma ligne de vie, poursuivant péniblement mon avancée vers le mât pour affaler un peu de toile. Un râle de bête à l’agonie me paralyse les jambes, je me retourne dans un sursaut pour voir bondir sur moi une énorme déferlante. Dans un ultime réflexe, je protège mon visage ruisselant de mes mains et gobe à la volée une bouffée d’air. La vague sombre me soulève comme un pantin, je suis engloutie, perds pied et, tel un corps mort, suis propulsée avec violence contre la bôme en carbone. J’ai à peine le temps de baisser la tête que je me retrouve sur l’autre bord du bateau, stoppée net dans l’élan qui allait me coûter la vie, maintenue comme une marionnette à son fil, sauvée in extremis de la noyade par le bout qui me maintient toujours fidèlement attachée à mon navire. Des mésaventures, comme celle-ci sont fréquentes. La fatigue, le froid, les conditions difficiles, tout vous conduit à l’erreur, à l’irréparable faute qui mettra un terme définitif à votre voyage. Votre seul moyen de vous en sortir, cette fameuse peur qui vous imposera : une discipline de fer, une rigueur à toute épreuve qui, même dans les moments les plus stressants, vous sommera de ne pas oublier de vous arrimer au bateau.

Le bateauLa “survie” en mer dépendra donc de votre aptitude à rester alerte. Ne pouvant compter que sur vous-même, vous réapprendrez très vite à être plus attentif, réceptif, vigilant. Au début on patauge un peu, on se fait peur deux ou trois fois, puis les jours passent et on prend le pli, le bon. Par obligation, vous devez supérieurement être prudent, sans cesse sur vos gardes, tendu vers un seul et unique but : réussir. On me demande souvent comment j’ai pu “tenir”, psychologiquement et physiquement, enfermée, cognée, la peur au ventre d’y rester, isolée dans un univers hostile. La seule réponse valable est selon moi résumée en un mot : la volonté. J’avais “envie”, ce désir farouche de m’en sortir, de rejoindre la côte, de ne pas désenchanter le regard de mes écoliers en abandonnant. Je voulais m’accrocher, vivre et rentrer à bon port, corps et biens. Tout le reste n’était plus qu’une question d’organisation ! Je me souviens toujours aujourd’hui de la conversation que j’ai eue avec Alain Bombard, en 2002, avant ma traversée de l’Atlantique nord à la rame. Nous avions évoqué cet “instinct de survie”, mélange de détermination et d’adaptabilité. La clef du secret : l’espoir. Ne pas perdre pied, ne pas lâcher prise, croire en soi et en ses capacités à lutter : la vie est plus coriace qu’on veut bien l’imaginer.

Dans son récit, Naufragé volontaire, Alain Bombard raconte comme il s’est lui-même mis en situation de détresse pour démontrer à tous ceux qui ne croient plus, lors d’un naufrage, à la capacité de s’en sortir avec très peu de choses. Notre principale angoisse étant bien souvent la peur liée à la perte de repères. Nous nous persuadons nous-mêmes que nous sommes incapables de survivre, au point que nous en perdons nos moyens, et que notre corps abandonne lui le combat alors qu’il sait se satisfaire de peu. Cette rencontre m’a profondément marquée.

La classePlus tard, en 2005, c’est le pêcheur polynésien Tavaé qui croise ma route à mon arrivée à Tahiti, après ma traversée du Pacifique à la rame. Il me raconte son histoire incroyable, trois mois seul, à la dérive, sur son bateau de pêche, sans vivres et avec un simple bidon d’eau douce. Je suis restée muette d’admiration, fascinée par ce vieil homme raviné par les embruns, cuit par le soleil, sec comme un arbre mort, dont les yeux brillaient comme s’ils avaient chacun d’eux caché une étoile. Dans ce regard, il n’y avait ni souffrance, ni nostalgie, encore moins de colère ou de révolte. Il y avait la vie, cette formidable “envie”, espoir quasi surnaturel qui l’a fait persévérer, heure après heure, les yeux brûlés d’avoir trop épié l’horizon, le corps comme simple tuteur de l’âme, jour après jour, méthodiquement, jusqu’à ce qu’on le retrouve. Cette leçon de non-résignation ne m’a jamais quittée. Un livre me ramène à cette hargne de vie : c’est le roman de Jack London, Le Loup des mers. Au-delà de l’aspect moral ou amoral du personnage principal, je me suis nourrie de cet attachement à l’existence, de ce farouche refus d’abandonner. Notre appétence de vie est notre plus bel atout. Sur terre comme sur mer, je tente de ne jamais baisser les bras. Et comme je le dis aux enfants : ne laissez personne vous dire que c’est impossible. […]

par Maud Fontenoy Extrait de son livre : Le Sel de la vie, coédition Arthaud / France Info, novembre 2007. www.maudfontenoy.com
et pour voir le travail des petits aventuriers : http://petits.aventuriers.free.fr

 


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