
Vendredi 27 mars 2009 : 20h00 - 23h45
20h00 - AU BOUT DU CHEMIN, LHASSA
un film de Stéphanie Huc et Jean Guillemot
Le 21 février 2006 sur la place Tien Amen devant la Cité interdite, Stéphanie Huc et Jean Guillemot partent de Pékin sur les traces d'Évariste Huc pour rallier la ville mythique de Lhassa, à vélo et à cheval.
À l’origine de cette aventure il y a d’une part les récits d’Évariste Huc « Souvenirs d’un voyage dans la Tartarie et le Tibet » qui ont bercé l’enfance de Stéphanie Huc et d’autre part la coïncidence d’un même nom de famille, l’arrière-arrière grand-père de Stéphanie a grandit dans la même région qu’Évariste Huc, le Tarn-et-Garonne. Les écrits du père Huc ont façonné la vocation de voyageuse de Stéphanie Huc et sa volonté n’a eu de cesse que de réaliser son rêve d’enfant, à savoir, partir sur les traces de son homonyme.
Le voyage entrepris par Stéphanie Huc et Jean Guillemot n’a jamais
été réalisé depuis le périple d’Évariste Huc. De février à août 2006, ils ont suivi au plus juste le chemin emprunté par Évariste Huc. Ce voyage a duré cinq mois au cours desquels ils ont traversé des régions encore peu connues ou inexplorées de la Chine, telles que la Mongolie Intérieure, le désert de l’Ordos, le Ningxia, le Gansu, le Qinghai et le Tibet dans sa partie la plus mystérieuse au milieu des étendues sauvages avant d’entrer dans Lhassa « la mythique ». C’est plus de 4500 kilomètres d’asphalte gelé ou de pistes poussiéreuses qu’ils ont parcourus à vélo et 900 kilomètres de steppes et de marécages à cheval.
Ce voyage s’est déroulé dans les conditions climatiques parfois extrêmes de l’hiver. Ils ont lutté contre les tempêtes de neige et de sable, les vents constants et des températures avoisinant les moins 25°C sans oublier les 4700 mètres d’altitude moyenne du plateau tibétain.
L’hospitalité et la générosité des populations rencontrées leurs ont permis d’affronter ces rigueurs et de tenir bon jusqu’au bout de leur périple. Surprenante Chine, terre de contrastes, à la fois si proche et si éloignée des descriptions d’Évariste Huc il y a 160 ans. La Chine du Nord se compose d’une mosaïque extraordinaire d’ethnies différentes : des Mongols au riche passé culturel, en passant par les Huis descendants des marchands musulmans arrivés par l’ancienne Route de la soie, jusqu’aux Tibétains au regard perçant.
Le film est un subtil mélange entre un film d’aventure et un documentaire. Il suit dans l’espace le trajet réalisé de Pékin à Lhassa et rend hommage à Évariste Huc. Les prises de vues réalisées en 2006 au cours du voyage côtoient les images d’archives inédites de la Congrégation de la Mission des Lazaristes et des Missions étrangères de Paris. La comparaison entre les images d’archives associées aux extraits des récits d’Évariste Huc, et les prises de vues contemporaines commentées montrent habilement l’évolution de ces régions jusqu’à nos jours.
La musique originale composée pour le film achèvera de vous transporter dans un voyage hors normes aux confins de « l’empire du Milieu ». 21h25 - COULEURS DU RAJASTHAN une réalisation numérique de Patricia Ondina
Le Rajasthan est certainement un des états les plus flamboyants du sous-continent indien. En marge du désert du Thar et de ses plaines arides, il ressemble à une palette de peintre éclaboussée de couleurs. Terre de seigneurs, de princesses et de rois aux forteresses imprenables, tout ici raconte les siècles d’invasions afghanes, perses ou turques, et les conquêtes des empereurs Moghols, qui unifièrent l’Inde et lui apportèrent puissance, prospérité et raffinement. Ici, chaque ville a sa couleur : blancheur d’Agra, rose de Jaipur, bleu de Jodhpur, pastel des ruelles au petit matin, et par-dessus tout le flamboiement des saris et des turbans, l’éclat des femmes rabaris qui nous font découvrir le raffinement de l’éblouissant “pays des rois”. Le voyageur s’adonne alors à la contemplation de cette rutilance venue du fond des temps, vision anachronique et préservée de palais immenses et puissants, que seuls les encombrements d’une route saturée de véhicules viennent un peu ternir. 22h20 - SHERPAZIG un film de Christophe Raylat, Roadbook Magazine
Sherpasig est le portrait d'un homme hors du commun. Après avoir été l'un des meilleurs himalayistes français, Henri Sigayret a décidé, à l'âge de la retraite, de tout quitter pour rejoindre une jeune Sherpani et créer une famille dans le village de Pangboche, dernière bourgade avant l'Everest. Ils ont eu un fils, Sonam, et Henri a partagé intimement la vie très rude des Sherpas en essayant d'apporter une aide matérielle au village : construction d'une école, électrification des hameaux, aide au petit monastère… Mais après quelques mois à partager la vie très dure des Sherpas à plus de 4000 m d'altitude, Henri a failli mourir d'un infarctus et a été contraint de redescendre s'installer à Katmandou avec sa femme Danzi et leur fils. Rapidement ils ont décidé de faire venir avec eux des nièces et neveux afin de leur offrir l'accès à une bonne scolarisation et à des conditions de vie plus faciles. Quinze ans plus tard, ce sont cinq enfants de plus qui vivent dans la grande maison près des rizières dominant Katmandou. Henri Sigayret est toujours très actif dans l'aide au Népal et dans l'organisation des métiers de la montagne. Il a ainsi créé une école de formation pour les guides népalais et a participé étroitement à la création d'un musée de la montagne à Pokhara.
Le principe de ce film est de donner la parole à Henri Sigayret afin qu'il nous raconte son histoire et qu'il nous transmette sa vision du Népal. Avec une personnalité aussi forte qu'originale Sherpasig porte un regard à contre courant de beaucoup d'idées reçues. Lorsqu'il parle de son expérience c'est toujours avec une humilité et une autodérision très attachantes, même lorsque les souvenirs sont poignants, comme la naissance de Sonam, à 4000 mètres sans aucune assistance médicale, ou comme l'infarctus au cours duquel il a failli mourir… La narration de ce film alterne les lieux marquants dans l'histoire d'Henri et les évocations de la situation politique et sociale du pays. L'histoire se construit ainsi non pas de façon chronologique, mais comme un puzzle où l'intensité est croissante. Après être allés à Pokhara, au pied de l'Annapurna et avoir vécu à Katmandou lors des élections historiques qui devaient faire tomber la monarchie séculaire, Danzi et Henri remontent vers le village de Pangboche. Pour lui, il y a toujours une petite inquiétude à retrouver l'altitude, mais pour Danzi c'est la joie du retour au pays et la seconde moitié du film permet de mieux découvrir cette femme exceptionnelle. Née d'une famille très pauvre, elle a d'abord été nonne jusqu'à ce que le dénuement de sa famille nécessite qu'elle devienne porteuse. Lorsqu'elle a rencontré Henri, elle ne parlait que le Sherpa et il a fallu plusieurs années avant qu'elle accorde sa confiance à cet étonnant Français avec qui elle se promenait dans le Khumbu en se tenant par la main. Ce n'est qu'à la fin du film qu'ils révèleront avec pudeur comment leur relation est née et a grandi. A l'heure du départ, l'émotion est forte car pour Henri c'est certainement la dernière fois qu'il revient à Pangboche. C'est ainsi que Sherpasig dit adieu à sa famille d'adoption et à ses amis lamas du monastère avant de reprendre le chemin de la vallée et de Katmandou.