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Samedi 27 mars 2010 : 20h00 - 23h30

20h00 Retour à Kalatcha
un film de Patrica Ondina et Jean Jacques Abrial
Au nord du Kenya, Kalatcha ressemble à une récompense inespérée après plusieurs heures de pistes dans le désert. Une exubérance de verdure et de palmes qui se devine au loin, dans des soulèvements de sable. Une oasis vers laquelle convergent des milliers d’animaux, petits caprins ou grands camélidés, quand tous les autres points d’eau de la région sont à sec. Les hommes y sont prompts à la querelle, les oasis sont ici des lieux de tension. Pourtant, tout pourrait y être idyllique, petits ruisseaux partout où s’abreuve une faune impatiente et fourbue, lavoirs prodigues pour les femmes, où l’eau coule à flots, petits étangs cernés de hautes herbes dans lesquelles viennent se cacher les ibis et tous les oiseaux de l’Afrique.

Ici, les femmes ne sont pareilles à aucune autre, fines et racées, richement vêtues d’éclatants voilages multicolores qui flottent au vent du désert. Leur habit bordé de galons tranche singulièrement avec l’ocre qui unit les éléments d’un paysage sans vie. Leurs tissus viennent sans doute de Somalie. Dans ce camaïeu de tons terreux, le vermillon, l’orange ou le turquoise de leurs tenues de princesses sont autant de chocs visuels qui malmènent nos nerfs optiques. Leur beauté jaillit violemment de la grisaille comme l’éclat de pépite dans le sable d’un orpailleur.
La première fois que nous avions entendu parler d'un village de femmes, la curiosité y avait guidé nos pas. Nos amis, Chango et Djouma nous accompagnaient, mais ils n'avaient pas pris la mesure de la rencontre que nous allions faire. Ce n'était pour eux qu'un village sur la route.

Etrangement, et sans bien pouvoir trouver une explication, je me rappelle qu'en 2005 c'est Gumato que nous avons rencontrée en premier à Kalatcha. Elle doit alors avoir une petite quarantaine d’années. Ce qui me frappe chez elle, c'est l'énergie qui se dégage de son beau visage d’Africaine. Elle porte la tenue traditionnelle des femmes gabbras. Sa chevelure est contenue dans un filet noir que recouvre un voile léger. Toutes les femmes du village protègent ainsi leurs cheveux des assauts d'un vent violent chargé de sable. Après seulement quelques heures passées à Kalatcha, je commence sincèrement à regretter mes cheveux longs et à envier la tenue des femmes gabbras.
Gumato est radieuse, partant de temps à autres dans de grands éclats de rire communicatifs. Nous ne parlons pas la même langue, mais avec l'aide du missionnaire de Kalatcha et celle de Djouma, nous arrivons à avoir une conversation dans laquelle nous oublions parfois nos interprètes. Ce qu'elle va nous raconter va tellement nous captiver que nous allons revenir régulièrement dans ce village dans les années qui suivront.
L'histoire de Gumato aurait été celle de toutes les femmes du nord du Kenya dont la vie est particulièrement difficile, s'il n'y avait eu il y a quelques années ce séminaire à Marsabit, la grande ville du district. Gumato s'y rend, mais elle ne sait pas encore que cette réunion va changer sa vie….
21h00 Présentation des Bourses Expé
Chaque année, Expé propose des bourses pour des aventuriers. Ces bourses sont attribuées à des projets d'expédition alliant engagement, originalité et protection de l'environnement.

Tous les détails sur www.bourses-expe.com

Expé est partenaire du festival Planète Couleurs.

21h45 Follmi's destinity
un film de Celine Moulys
Célèbre pour ses photos himalayennes puis pour ses images en hommage à toutes les cultures du monde, Olivier Föllmi est aussi un aventurier hors du commun et un amoureux des Hommes. « Je n’avais pas d’ambition personnelle de réussite. Je voulais vivre ! Et c’est par cette envie de vivre, ce besoin d’aller vers l’autre que je suis devenu photographe. »
Danielle, depuis plus de 30 ans, partage les aventures d’Olivier et ses engagements. A eux deux, ils ont soulevé des montagnes et ont été précurseurs dans bien des domaines, suivant leur instinct et leur cœur, là où ils les menaient…
Leur vie interroge sur de nombreuses questions existentielles que se posent en particulier tous ceux qui rêvent d’Aventure : qu’est-ce que l’Aventure ? A quoi ça sert ? Pourquoi vouloir toucher la mort, sublimer le souffle de vie ?...

Olivier voulait à tout prix faire découvrir à Danielle le Zanskar en hiver… Cette vallée isolée 8 mois de l’année par les neiges, au cœur de l’Himalaya, il la connaissait : un an auparavant, il s’était lui-même laissé enfermer par l’hiver dans un monastère à flanc de montagne, rêvant de comprendre le bouddhisme et, à travers lui, qui il était… Ce jour d’octobre, alors qu’ils arrivent tous deux au Ladakh par la route, ils ont la mauvaise surprise de constater que les cols sont déjà bloqués par les neiges. Tentant le tout pour le tout, ils rejoignent une caravane de yaks qui rentre in-extremis dans un village se trouvant par chance sur leur chemin. Après avoir franchi un premier col et rejoint la vallée, personne ne veut les accompagner plus loin. Portés par une volonté déraisonnable, ils décident malgré tout de continuer : ils atteignent le deuxième col et en s’élançant de l’autre côté dans la pente, ils font le choix irrévocable qui allait changer toute leur vie…

Olivier et Danielle ont plusieurs fois frôlé la mort : égarés, en hiver, au cœur d’un Himalaya enneigé, blessés, à l’agonie, ils s’en sortiront par miracle et reviendront de cette aventure profondément transformés et attachés à cette région du monde.
Dans ce dédale de dangers que livre une nature intacte et violente, leurs aventures ultérieures seront essentiellement humaines : plus intense encore que leur propre survie, c’est le sort de jeunes enfants de ces vallées himalayennes qui sera mis entre leurs mains ! Ils ont à peine 20 ans !

En quittant le Zanskar par le passage éphémère ouvert par le fleuve gelé, Olivier et Danielle tiennent par la main les deux enfants qu’on leur a confiés et font leurs premières expériences de « parents » : « ils sondent la glace comme on sonde la vie », évitant les dangers, faisant demi-tour, avançant, reculant, escaladant des obstacles… jusqu’à atteindre le bout du fleuve et le monde moderne !
Qu’est-ce que ces enfants allaient apprendre de cette nouvelle vie ? Qu’allaient-ils perdre de leur culture, de leurs traditions ?… À travers la tutelle de ces 2 enfants zanskari puis l’adoption de 2 autres enfants tibétains, le couple aura l’occasion à maintes reprises de s’interroger à nouveau sur le sens de l’éducation…
Cette « confrontation » de deux mondes est toute la vie de Danielle et Olivier Föllmi. Leurs enfants, exilés, ont eux aussi été confrontés à ce choc des cultures et ont emprunté les mêmes chemins de questionnement.


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